Pourquoi Paris est en train de devenir le hub post-Brexit des intermédiaires financiers...

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Ce n'est un secret pour personne : Paris est en passe de devenir LE trading hub européen post-Brexit, les annonces de grandes banques anglo-saxonnes de la City en faveur de Paris pour y établir leurs desks de trading n'ont jamais cessé depuis le référendum en faveur du Brexit.

Ce que l'on sait moins par contre, c'est que la capitale française est également en train de devenir le hub post-Brexit favori des intermédiaires financiers, qu'ils soient traders haute-fréquence, proprietary traders ou market makers. Car en plus des banques, d'autres sociétés londoniennes intervenant dans des secteurs auxquels on ne pense pas spontanément (intermédiation financière par exemple) ont elles aussi débarqué dans l'Hexagone (ou sont en passe de le faire) .

C''est le cas de la plate-forme de trading haute fréquence XTX Markets qui a annoncé lundi qu'elle installerait ses activités dans l'Union européenne à Paris après le Brexit. D'après Reuters, le market maker britannique qui emploie 105 personnes et conservera son siège à Londres, a déposé une demande de licence auprès des autorités de tutelle du secteur financier en France et va ouvrir un bureau à Paris, d'où il traitera les transactions sur différentes classes d'actifs, notamment les actions européennes.

Certes, le potentiel de création d'emplois n'est pas immense (XTX Markets n'a d'ailleurs communiqué aucun chiffre à ce sujet) mais l'arrivée du numéro 3 mondial du secteur qui revendique des volumes quotidiens de transactions de 150 milliards de dollars (132 milliards d'euros) est une prise de choix pour Paris, d'autant plus que ce genre d'acteur opère généralement plutôt depuis Londres, Dublin ou Amsterdam.

Des arrivées qui se succèdent...

Surtout, XTX Markets n'est pas le premier intermédiaire financier à vouloir s'installer dans l'Hexagone. En août dernier, le courtier interbancaire britannique TP ICAP coté à la Bourse de Londres et spécialisé dans l'intermédiation de produits financiers, a lui aussi choisi Paris comme futur siège européen post-Brexit et sollicité l'enregistrement d'une filiale auprès des régulateurs français.

Idem pour le groupe de services britannique Aquis, qui emploie une trentaine de professionnels (notamment dans le trading cash actions) et exploite la plate-forme de trading paneuropéenne Aquis Exchange. Une demande a d'ores et déjà été déposée auprès des autorités françaises compétentes (AMF, ACPR) pour ouvrir un bureau à Paris afin d'assurer la continuité de ses services à ses clients après le Brexit.

Enfin, début octobre, d'après le Financial News, Morgan Stanley aurait elle aussi choisi Paris pour implanter sa future plate-forme multilatérale de négociation MTF (Multileral Trading Facility) permettant à ses utilisateurs d'acheter ou vendre des actions, comme sur une Bourse classique et qui viendra concurrencer Euronext ou le London Stock Exchange, mais également les autres MTF comme Turquoise et BATS. Ce qui là aussi constitue une surprise, les autres MTF étant installées à Londres.

Des régulateurs qui jouent le jeu

Si Paris attire autant, ce n'est certainement pas le fait du hasard. Le fait que de nombreuses banques d'investissement américaines viennent s'installer dans la capitale française entraîne un effet boule de neige, celles-ci étant les principales clientes des intermédiaires financiers restés à la City. Il est donc hautement probable que d'autres acteurs viennent s'installer à leur tour dans les prochains mois.

D'après les professionnels de la finance, un facteur important dans le choix de Paris est « la sophistication des régulateurs français qui ont longtemps supervisé les opérations complexes de trading et de dérivés de BNP Paribas et Société Générale ». Ce à quoi vient s'ajouter la simplification des procédures d'agrément mise en place par l'AMF et L'ACPR et qui favorise l'obtention de licences bancaires.

« En tant que fournisseur de liquidité de premier plan pour toutes les classes d'actifs à l'échelle mondiale, il était important de choisir un lieu doté d'un environnement réglementaire solide au sein duquel opérer », précise ainsi Zar Amrolia, co-directeur général de XTX Markets, dans un communiqué. « Les régulateurs français se sont montrés très réceptifs à notre installation en France ».

Autre argument et de taille : la qualité des infrastructures IT. A ce sujet, le géant américain Equinix, constructeur de centre de données, a annoncé en septembre qu'il allait installer un câble internet sous-marin ultra rapide de 482 kilomètres de long entre la Grande-Bretagne et la France afin de renforcer le trading financier à haute vitesse entre Paris et Londres. Plutôt de bon augure, non ?

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Credit photo : Simon Carter Peter Crowther / gettyimages

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