Si HSBC peut le faire, personne n'est à l’abri…

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Quelque chose de drastique pourrait être en train de se tramer chez HSBC. Personne ne sait encore exactement ce dont il s’agit (pas même semble-t-il le CEO par intérim ni le CFO), mais cela sera vraisemblablement important et l’on pourra en juger lorsque HSBC annoncera ses résultats annuels 2019 au début de l'année prochaine.

Aujourd'hui, Noel Quinn, CEO par intérim de HSBC après le départ de John Flint au mois d’août et qui concoure pour un poste à temps plein sur la base de réductions drastiques des coûts, a déclaré que la banque avait enregistré des rendements "inacceptables" au troisième trimestre, que ses précédents plans de réduction des coûts étaient insuffisants et que des coupes "matérielles" et des "mesures décisives" seraient prises très prochainement.

Quel genre d'action décisive ? L’option retenue consiste à retirer des actifs pondérés en fonction du risque des activités sous-performantes et de les réaffecter vers des actifs plus performants, a déclaré Noël Quinn. Les activités sous-performantes concernées sont le Global Banking & Markets (autrement dit la banque d’investissement) et les activités aux États-Unis et en Europe continentale. A noter que l'Asie est toujours épargnée - et sera probablement un bénéficiaire des ‘réaffectations’.

En plus de ces déclarations, Ewen Stevenson, CFO de HSBC, a déclaré que les choses étaient maintenues "délibérément vagues" pour le moment, mais que le terme "matériel" n'était pas utilisé à la légère. Aujourd’hui, il s’agit de « donner un coup de pouce », a déclaré Noel Quinn, ajoutant que les changements prendraient probablement plusieurs années.

La réduction des coûts et des emplois en seront la conséquence inévitable. « Il est juste de dire que retirer des capitaux de la région réduira les revenus et que si nous retirons des revenus, nous devrons éliminer la base de coûts qui a soutenu ces revenus », a ajouté Noel Quinn. D’ores et déjà, la banque envisage de réduire les bonus de 300 M$ en 2019, bien qu'il s'agisse d'une réduction relativement modeste par rapport aux 3,5 Mds$ qu'elle a dépensés en 2018.

Si vous travaillez pour HSBC, vous êtes déjà au fait de ces mauvaises nouvelles, le Financial Times ayant précédemment indiqué que Noel Quinn avait hâte de licencier des salariés parmi les mieux payés de la division Global Banking & Markets (GB & M) en Europe. L’agence Bloomberg a par ailleurs révélé que la banque envisageait de se retirer de ses activités actions à Londres, New York et en Allemagne.

La dernière proposition de réduction des coûts fait suite à celles qui ont déjà été réalisées, mais Noel Quinn a néanmoins déclaré que cela était indispensable : « L'environnement économique auquel nous sommes confrontés aujourd'hui est très différent de celui qui prévalait lorsque nous avons élaboré le plan stratégique il y a 18 mois ». HSBC n'atteindra pas son objectif RoTE de 11% pour 2020. Dommage.

La banque d'investissement de HSBC ne fait pas pire que les autres

Avant que quiconque ne s'empresse de conclure que la division GB & M de HSBC nécessite des mesures correctives urgentes en raison de ses performances particulièrement mauvaises, il convient toutefois de consulter le tableau ci-dessous. Au cours des neuf premiers mois de cette année, ladite division a largement surperformé les banques concurrentes à la fois en termes de croissance des revenus et des bénéfices. Si HSBC réduit ses coûts "de manière décisive" et "matériellement", UBS, par exemple, ne devrait-elle pas faire plus que de simples ajustements ?

Noel Quinn et Ewen Stevenson visent sans aucun doute les rendements qui, soulignent-ils, sont extrêmement faibles dans certains domaines (par exemple, 1,8% sur une base annuelle sur l’ensemble du marché américain). Même ici, cependant, GB & M s’en sort plutôt bien par rapport aux autres. Son RoTE était tout de même de 9,6% au troisième trimestre 2019, même s'il était en baisse par rapport à 12,6% un an plus tôt.

Le véritable problème de HSBC concerne plutôt l’écart de performance entre ses activités au niveau régional. Le graphique ci-dessous présente les revenus et les bénéfices par région du secteur GB & M au troisième trimestre. Il est facile de constater que l'Europe dans son ensemble est le problème de Noel Quinn dans la banque d'investissement. En comparaison, l'Asie est le genre d'activité dont la plupart des CEO de banques ne peuvent que rêver : Hong Kong à elle seule dispose d'une marge folle de 54% !

Comme nous l'avons noté précédemment, il se peut que les activités de HSBC en Asie soient extrêmement rentables ou que l'Europe supporte injustement un coût disproportionné. Quoi qu’il en soit, l’Europe et les États-Unis (bien que peut-être pas nécessairement GB & M aux États-Unis) sont l’endroit où les ‘réductions matérielles’ vont se produire. Et si HSBC ressent le besoin de le faire en 2020, qui sera la prochaine ?

 

Photo by Matthew Foulds on Unsplash

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