Quand un hedge fund quantitatif annonce la couleur : « nous voulons recruter la crème de la crème. »

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Quand un hedge fund quantitatif annonce la couleur : « nous voulons recruter la crème de la crème. »

Si vous êtes dans le monde de la finance, vous connaissez sans doute déjà le hedge fund WorldQuant. Issu de Millenium Management en 2007 et fondé par Igor Tulchinsky, il est à l’avant-garde des méthodes de trading quantitatif. On y retrouve de grands noms : Gary Chropuvka, l’ancien responsable Quantitative Investment Strategies de Goldman Sachs, en est devenu le président l’an dernier, rejoint par le scientifique de Google Yoram Singer, venu pour travailler sur les signaux de trading basés sur l’intelligence artificielle.

Dans son intervention à l’occasion de l’événement IA et data science en trading qui s’est tenu les 15 et 16 mars, David Rukshin, Chief Technology Officer de WorldQuant déclarait que la société employait plus de 400 quants dans le monde. WorldQuant a toujours fonctionné suivant un modèle de bureau distribué – même avant la pandémie, une grande partie des effectifs était déjà installée loin des principales plateformes financières. De quoi faciliter grandement la tâche de WorldQuant au moment de la transition vers le télétravail à l’apparition du virus. « Les membres de mon équipe sont répartis sur plus de dix lieux différents, » indiquait David Rukshin. « Nous recherchons les talents partout où nous pouvons les trouver. »

Si WorldQuant est totalement agnostique quant à la situation géographique de ses employés, le fonds n’est pas pour autant prêt au moindre compromis quant à la qualité de ses talents. Avec la multiplication des formations en finance quantitative, il devient de plus en plus difficile de dénicher les très bons, regrettait David Rukshin. WorldQuant est déterminé à recruter « le dixième supérieur du top 1%, » ajoutait-il. Autrement dit, « ceux qui changeront le monde pour vous. »

Rajesh Krishnamachari, responsable mondial data science chez Bank of America à New York, fit alors remarquer à David Rukshin que la qualité des jeunes diplômés sortant aujourd’hui des formations quant des universités était en baisse. « Il y vingt ans, les jeunes diplômés démontraient une solide expertise dans des domaines comme les algorithmes, » soulignait-il. « Aujourd’hui, nous recrutons ces data scientists qui font un peu d’informatique, un peu de maths, un peu de finance. Leur compréhension de l’informatique semble très en dessous de ce qu’on pouvait voir dans la génération précédente. »

David Rukshin en convint. Très peu d’étudiants aujourd’hui comprennent vraiment comment fonctionne un ordinateur, admit-il. « Ces étudiants arrivent avec des expériences et des compétences différentes. Peut-être n’est-il pas non plus nécessaire de comprendre le fonctionnement des entrailles d’un ordinateur pour être productif maintenant qu’on dispose d’une multitude d’outils… Mais je me demande parfois qui sera justement à l’origine de la nouvelle génération d’outils. » Il ne faisait probablement pas référence à la WorldQuant university fondée par Igor Tulchinsky, reconnue ce mois-ci par la Distance Education Accrediting Commission (DEAC).

David Rukshin ne l’a pas mentionné, mais WorldQuant reçoit sans doute des dizaines de milliers de candidatures par an. Alors, comment le convaincre que vous êtes parmi les 0,001% au top ? Usez de votre curiosité. Il vous faut comprendre le fonctionnement des choses, et aussi pourquoi les choses fonctionnent à partir de « principes premiers, » expliquait-t-il.

Il sera également utile de montrer que vous comprenez l’impact et la viabilité à long terme de la technologie sur laquelle vous travaillez. « Le défi en finance, c’est que bon nombre d’opportunités peuvent être trompeuses, » ajoutait-il. « Il vous faut trouver un équilibre entre fournir des solutions agiles et éviter de générer une dette technique non indispensable, qui risque de s’éterniser et que vous traînerez comme un boulet. » Cela peut impliquer de résister à des équipes investissement qui réclament des initiatives non viables. « Vous avez parfois quelqu’un qui vous dit ‘je peux faire un milliard de dollars si tu fais ça,’ » indiquait David Rukshin en exemple, faisant référence à un cas où quelqu’un voulait des milliards de fichiers dans un système. « Il faut savoir mener des échanges constructifs. »

Crédit photo : Scott Rodgerson sur Unsplash 

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