A Paris, les chasseurs de tête en banque fêtent une année record

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A Paris, les chasseurs de tête en banque fêtent une année record

Alors que les banques relocalisent nombre de postes hors de Londres vers les autres centres financiers européens, ceux-ci voient se multiplier les phénomènes de contre-propositions généralement caractéristiques de Londres. A Paris, c’est vécu comme un choc.

« Les choses bougent vraiment à Paris cette année, » raconte un trader senior d’une banque française. « Les banques étrangères étoffent leurs structures opérationnelles en Europe continentale et les banques locales aussi recrutent. C’est devenu un bon terrain de chasse pour qui est bien entraîné. Cela n’a rien de surprenant dans les autres centres financiers, mais à Paris, c’est assez nouveau. »

Bank of America, JPMorgan et Goldman Sachs font partie de ces banques qui ont désormais une assise sur le continent depuis le Brexit. Certains effectifs sont parachutés en provenance de Londres, mais on recrute aussi sur place, sans compter les recrutements destinés à pallier les départs - Bank of America, entre autres, a perdu plusieurs professionnels seniors en equity à Paris.

« Le recrutement à Paris est très actif, et s’est encore intensifié cette année, » indique Stéphane Rambosson, co-fondateur du cabinet Vici Advisory. « Certaines personnes reçoivent plusieurs offres et les rémunérations sont en hausse. »

Florian Genet, chasseur de têtes chez Florian & Sacha Associates à Paris, confie que le recrutement dans les banques parisiennes a enregistré une hausse de 20% par rapport à la moyenne avant le Brexit. Chez Calmon Partners, spécialisé en banque d’investissement, Claude Calmon précise que le marché français attire de plus en plus de candidats étrangers dont le français n’est pas la langue maternelle (quand toutefois ils le parlent). « L’augmentation du nombre de deals transfrontaliers poussent les équipes françaises à recruter des candidats britanniques, italiens, allemands ou espagnols, » explique-t-il. « La France attire aussi des hedge funds et des fonds de private equity d’envergure. Tous les grands sont maintenant installés ici. »

Le cabinet de chasse de têtes Segalen+associés indique par la voix de Jeanne Segalen enregistrer l’une de ses meilleures années en termes d’honoraires. « Nos clients recrutent massivement, » dit-elle, soulignant la forte demande en professionnels des relations investisseurs, l’évolution des clients traditionnels qui ajoutent de nouvelles stratégies et de nouveaux fonds, la demande en banquiers FIG et healthcare, l’arrivée des acteurs américains qui ouvrent de nouveaux bureaux, et le débauchage par les boutiques de conseil de banquiers financial sponsors auprès de clients du private equity.

L’afflux de structures internationales pourrait s’avérer source de problèmes pour les banques françaises, généralement beaucoup moins généreuses que les nouveaux venus en matière de rémunération. Chez SocGen par exemple, les meilleurs banquiers et traders ont perçu l’an dernier 597k € en moyenne. A Londres, les banques américaines paient en général deux fois plus. Ce pourrait être la raison qui a poussé quelques traders seniors à claquer la porte du site parisien de la banque au logo rouge et noir ces dernières semaines. – Edouard Midy, responsable du trading EQD delta 1 pour l’Europe chez SocGen, serait l’un d’entre eux, tout comme Tejus Trived, director en trading volatilité des indices, qui serait en passe de retourner à Londres.

Pour Jeanne Segalen, les banques françaises essaient d’être compétitives, mais paient toujours moins que les banques anglo-saxonnes et autres acteurs américains. « Les rémunérations des banques françaises sont inférieures de 40% à celles des banques américaines, précise-t-elle. Alors que le marché français des talents bancaires ressemble de plus en plus à celui de Londres, le point est d’importance. Pourtant, les banques françaises disposent d’un atout non négligeable : la qualité de vie. Les salaires sont certes inférieurs, mais vont de pair avec des horaires moins éprouvants. On devrait voir très vite si c’est l’option que retiennent les banquiers et traders français.

Crédit photo : Yiwen sur Unsplash

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