« J’ai rencontré mon mari en salle des marchés. Les blagues salaces ne m’ont pas dissuadée »

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« J’ai rencontré mon mari en salle des marchés. Les blagues salaces ne m’ont pas dissuadée »

Je connais très bien l’univers de la banque. Mon mari depuis plus de vingt ans est managing director et responsable d’une activité dans une banque d’investissement européenne. C’est un homme profondément bon, et je l’ai rencontré quand moi aussi j’étais dans la banque.

C’était au début des années 2000 et je travaillais en back office dans une banque d’investissement à Londres. J’étais une jeune femme, entourée d’une majorité d’hommes, tous vendeurs et traders. J’avais 23 ans et je sortais de la fac après cinq ans d’études.

Au début, j’ai été quelque peu surprise par cet environnement. Les blagues salaces fusaient et je trouvais ça un peu choquant ; j’ai grandi en France, en milieu rural, et j’étais alors jeune et naïve. Mais je ne me suis jamais sentie menacée. Même s’ils étaient parfois un peu lourds, je n’ai jamais eu l’impression que leur grossièreté ait le moindre lien avec le fait que je sois une femme. Pour parler franchement, j’ai décidé de jouer le jeu, et il m’arrivait de temps en temps de plaisanter avec eux. Je n’ai jamais rien pris personnellement, et jamais je ne me suis sentie menacée.

Je partage cette expérience car je pense que les hommes en salle des marchés ont mauvaise réputation, et que les salles des marchés ne sont pas perçues comme un lieu adapté aux femmes, mais cela ne correspond pas à l’expérience que j’ai pu avoir. De la même façon, je n’ai jamais vu celui qui allait devenir mon mari faire des blagues graveleuses ou s’exprimer grossièrement ; je dirais même que cela m’arrivait plus souvent qu’à lui. C’est quelqu’un de très sérieux.

Je connais pas mal de femmes qui ont fait de belles carrières en banque, et je pense qu’il ne faut pas se laisser décourager par les stéréotypes. Bien sûr, le trading compte plus d’hommes que de femmes, mais la raison en est simple : les traders ont souvent suivi des études de mathématiques ou de physique, des cursus où il y a toujours moins de femmes. Je ne jette pas la pierre aux banques si elles n’embauchent pas de femmes – il n’y a tout simplement pas assez de femmes qualifiées pour ces postes.

Maintenant que mes enfants ont grandi, je veux revenir dans la banque et j’explore les options qui s’offrent à moi. C’est un excellent secteur pour y travailler, très gratifiant aussi, et les femmes n’ont aucune raison d’être découragées. Il y a toujours beaucoup d’hommes en vente et trading, mais la tendance aux plaisanteries salaces est bien moindre. D’après mon mari, les traders d’aujourd’hui font beaucoup plus attention à ce qu’ils disent : ils ont compris que leurs sorties douteuses pourraient être mal interprétées par des femmes peu ouvertes à la plaisanterie.

Isabelle Magnier est un pseudonyme. Cet article est un témoignage et en aucun cas l’opinion d’eFinancialCareers.

Crédit photo : Kim Green sur Unsplash

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