Comment décrocher un poste chez Goldman Sachs – tour d’horizon
Si vous visez un poste chez Goldman Sachs, bonne chance. Malheureusement, vous êtes 315 000 personnes dans ce cas... Donc, si vous êtes déterminé à relever le défi, vous devez d’abord être le mieux informé possible.
Se démarquer d’une foule correspondant à la population d’une petite ville est un exercice délicat. Pourtant, Goldman embauche chaque année environ 2 500 jeunes diplômés, ce qui ramène la foule « effective » à environ 126 candidats pour chaque poste. Les candidatures ne sont pas réparties uniformément : la concurrence est bien plus féroce pour les postes en front office, comme le M&A ou les marchés de capitaux, que pour des postes en gestion du risque ou en conformité.
Alors, comment sortir du lot ?
Le CV et la lettre de motivation ultimes pour Goldman Sachs
Tout commence avec un CV et une lettre de motivation. Rédiger le CV parfait est à la fois un art et une science, et nul besoin de répéter ce que vous savez déjà. Nous avons déjà abordé l’alchimie spécifique que recherche un recruteur de Goldman Sachs dans un CV.
En résumé : votre CV doit être soigneusement adapté à votre candidature, concis (et donc extrêmement pertinent) et idéalement structuré avec des puces. Car Goldman apprécie les puces, semble-t-il.
Vicki Tung, responsable mondiale de l’acquisition de talents chez Goldman, confiait il y a quelques années à Business Insider qu’il fallait éviter de « gonfler son CV ». La multiplication par les candidats de petites réalisations (sur de courtes périodes) peut être perçue comme un signal d’alerte. Un recruteur perspicace chez Goldman pourrait en conclure que ces activités ont été entreprises dans l’unique but de gonfler un CV, et non par passion authentique… pour des activités comme le bénévolat au sein d’une finance society durant les études, ou tout autre chose d’ailleurs. La qualité prime sur la quantité, soulignait alors Vicki Tung.
Les lettres de motivation relèvent d’un art plus subtil encore. Si de nombreuses entreprises tech ne s’en embarrassent plus, elles restent très prisées dans le secteur bancaire – et plus encore chez Goldman, où les recruteurs les adorent. À tel point qu’ils ont même leur propre format spécifique. Votre lettre de motivation pour Goldman Sachs doit compter environ 300 mots, expliquer votre intérêt pour le poste et l’entreprise, votre adéquation à la fonction, et reprendre quelques points de votre CV pour étayer vos arguments. C’est aussi l’endroit idéal où mentionner si vous avez réseauté.
Il est aussi important de se distinguer par son CV que lors de l’entretien. Will McTighe, ancien banquier chez Goldman, raconte que les candidatures adressées à l’entreprise sont souvent « très génériques » en raison de résultats académiques impeccables et du modèle similaire suivi par tous les candidats, avec passage par une finance society. « La plupart des gens ont des particularités », dit-il. À vous d’afficher les vôtres.
« Montrez à quel point vous êtes intéressant », dit McTighe. Cela implique de faire « quelque chose d’un peu fou que les gens jugent inhabituel ». Parmi ses propres particularités, il cite un ultra-marathon entre Oxford et Londres, alors qu’il n’avait jamais couru le moindre marathon auparavant, l’apprentissage du mandarin, l’enseignement du ski et divers sports.
Quand nous nous sommes penchés sur le cas de quelques étudiants intéressants embauchés par Goldman, nous avons trouvé parmi eux, entre autres, des auteurs, des candidats à des émissions de « dating », et des champions de squash. Cela fait partie de « l’accroche » qu’Eric Jordan, associate chez Goldman et co-responsable des marchés de capitaux et des dérivés investment grade, mentionnait récemment auprès de Business Insider. Pensez à votre CV comme à un profil Tinder, suggère Andrew Osayemi, ancien responsable du recrutement campus en infrastructure et technologie pour la région EMEA chez Morgan Stanley.
Ce qui va vous rendre intéressant peut même éclipser vos résultats académiques - un ancien recruteur de Goldman Sachs nous avait confié il y a quelques années qu’un étudiant en littérature anglaise avait rédigé une lettre de motivation tellement brillante et originale qu’il avait été convié à un entretien. Pourquoi ? Parce qu’il avait su se montrer imaginatif, innovant et captivant.
Will McTighe précise toutefois que toutes les particularités ne sont pas forcément physiques ; vous pouvez donc très bien mentionner des passe-temps comme l’observation des oiseaux, le tissage de paniers ou même le creusage de terriers. Ce qui est sûr, cependant, c’est qu’il faut éviter de cacher ce qui vous différencie. C’est un élément qui a sa place sur un CV, et dont on peut être fier, autant que des résultats académiques.
L’entretien HireVue idéal chez Goldman Sachs
Si vous remplissez les critères académiques très élevés pour candidater, l’étape suivante du processus sera l’entretien HireVue. C’est simple et nous avons nous-mêmes, il y a quelque temps, consulté HireVue pour rédiger un guide à votre attention. Goldman n’est pas particulièrement différente des autres, mais nous avons listé ici certaines questions spécifiques utilisées par la banque (et quelques autres).
Comment passer un entretien HireVue ? Difficile de répondre à la question. À défaut, faites de votre mieux – répondez aux questions comme si vous étiez face à un interlocuteur en chair et en os. Adoptez une attitude professionnelle (comportez-vous comme un banquier, pas comme un étudiant) et préparez soigneusement vos réponses. Vous aurez environ 30 secondes pour « préparer » chaque réponse et 120 secondes pour la donner. Si vous avez préparé vos réponses à l’avance (et si vous visez vraiment un poste en banque d’investissement, ce sera le cas), utilisez ces 30 secondes pour jeter un œil à vos notes.
Vos réponses seront ensuite « passées au crible » par l’intelligence artificielle de HireVue afin d’évaluer votre compatibilité avec l’employeur potentiel. Les cauchemars autrefois viraux – à propos des analyses de la densité des cils et des liens avec la probabilité d’une intolérance au lactose - appartiennent désormais au passé. L’IA jugera votre réponse et vous devriez recevoir assez rapidement un retour de la banque.
Si vous réussissez l’étape HireVue, vous serez invité à un « super day » : un marathon d’entretiens s’étalant sur plusieurs heures. Selon Vicki Tung, la banque devrait revenir vers vous sous 48 h.
L’entretien idéal du Superday chez Goldman Sachs
Si vous avez franchi l’obstacle HireVue et êtes convié à un entretien en face à face, félicitations. La plupart des candidats sont éliminés avant cette étape, donc vous voilà déjà en position favorable. On vous proposera alors un véritable entretien avec Goldman, probablement durant un superday.
La plupart des questions posées lors de cet entretien sont de nature situationnelle et comportementale. « Nous demandons aux candidats comment ils géreraient divers scénarios mettant en jeu leur intégrité », explique Vicki Tung. « En fonction de leur réponse, nous déterminons si le candidat pourra poursuivre ou non le processus. »
Le test de l’aéroport reste une règle de base dans le secteur, même s’il peut se manifester différemment. Comme le dit Eric Jordan : « Vous voulez que votre interlocuteur reparte en se disant : ‘J’aimerais avoir cette personne dans mon équipe. J’aimerais être son voisin de bureau.’ »
Vicki Tung suggère également de « penser par trois ». Ce qui revient essentiellement à vous quantifier : vous avez contribué à X, obtenu Y résultat, menant à Z. C’est non seulement un format, mais aussi une philosophie. Intégrez à vos réflexions des changements mesurables et appliquez la technique S.T.A.R. (Situation, Tâche, Action, Résultat).
« Une grande partie de la préparation consiste à comprendre ce que fait Goldman Sachs, pourquoi cela vous intéresse, et ce que vous avez fait, à l'école ou en dehors, pour démontrer que votre intérêt est justifié », explique Eric Jordan. « En dehors de cela, je déconseille à mes équipes de se concentrer vraiment sur les questions financières de type ‘expliquez-moi’. »
En général, il est donc primordial d’être bien informé. Pas seulement sur l’actualité, mais également sur le secteur bancaire et sur Goldman Sachs en particulier. « Se démarquer, c’est savoir de quoi vous parlez et montrer que vous nous voulez autant que nous vous voulons, » précise Vicki Tung. En d’autres termes « il est essentiel de faire vos recherches. »
Vous voulez peut-être aussi faire preuve de courage. Dans un récent épisode de l’émission The David Rubenstein Show, le PDG de Goldman Sachs, David Solomon, a mis en avant une qualité essentielle pour les candidats : la ténacité. « Ce que nous recherchons, entre autres, ce sont des gens intelligents, » dit-il, « mais aussi des gens prêts à travailler d’arrache-pied, des gens qui croient en l’excellence. » À savoir « des personnes qui ont prouvé qu’elles étaient tenaces, passionnées et dotées d’une capacité à réussir. » Et donc « capables de se remettre en selle et de continuer. »
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