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Qu’est-ce que les Big Four ? Et quelle différence entre Deloitte, EY, PWC et KPMG ?

Donc, vous voulez travailler dans un Big Four. C’est difficile d’y entrer (même si c’est toujours plus simple que pour le secteur bancaire), mais si vous avez les atouts nécessaires, vous pourriez y trouver une carrière enrichissante. Reste qu’ils sont quatre. Alors, qui choisir ?

Deloitte, Ernst & Young (EY), PriceWaterhouseCoopers (PwC) et KPMG (oui, simplement KPMG) constituent les Big Four. Ils se distinguent de manière assez marquée… par exemple, KPMG a un logo bleu, EY un logo jaune, PwC un logo orange et Deloitte un point vert.

Que sont les cabinets de conseil qualifiés de Big Four ?

Au risque de friser la lapalissade, les Big Four sont … quatre.

Deloitte

En termes de chiffre d’affaires, Deloitte est le plus grand des Big Four. En 2024, son CA dans le monde a atteint 67,2 milliards de dollars, en hausse de 3,5 % par rapport à l’année précédente, et ses effectifs comptaient 460 000 personnes. Deloitte est énorme.

Comme la plupart des Big Four, Deloitte divise ses activités en différents domaines : audit et assurance, consulting, fiscalité et juridique, conseil financier et gestion des risques. Deloitte est particulièrement réputé pour sa branche consulting, elle-même divisée en consulting technologique, stratégie et opérations, et « capital humain » (autrement dit la gestion des personnes). Son focus sur le consulting provient du fait qu’il a été le seul Big Four à conserver son entité consulting après le scandale Enron du début des années 2000.

PwC

PwC est le deuxième Big Four en termes de CA - 55,4 milliards de dollars dans le monde en 2024, en augmentation de 11,5 % par rapport à 2023 - et un effectif de 370 000 personnes.

Si Deloitte est réputé pour la puissance de son entité de consulting, PwC s’est historiquement distingué dans le domaine de l’audit. Ses revenus générés par l’audit étaient les plus élevés des Big Four, et c’est probablement pour cette raison qu’il est en général perçu comme l’un des plus prestigieux (si ce n’est le plus prestigieux) des Big Four d’un point de vue employé.

PwC travaille également d’arrache-pied pour améliorer la mobilité sociale, par exemple en modifiant la manière dont il mène ses entretiens avec les étudiants au Royaume-Uni – les entretiens reposent désormais sur des questions scénarisées axées sur l’avenir, qui évaluent le potentiel des candidats, plutôt que sur des questions relatives aux expériences passées, focalisées sur l’expérience professionnelle.

EY

Deuxième plus grand Big Four en termes d’effectifs, mais troisième en termes de CA (51 milliards de dollars), EY a longtemps été le plus petit des Big Four.

Les activités d’EY sont divisées en quatre grands groupes : assurance, fiscalité, consulting et conseil en transactions. Les professionnels du conseil en transactions interviennent dans des domaines tels que le M&A et le conseil stratégique. Les professionnels du consulting classique exercent par exemple en gestion des risques, le conseil en informatique et les « améliorations de performance ».

EY investit fortement dans le consulting technologique. C’est à cet effet qu’a été créé EY Global Innovation Garage (mais oui !) en Californie, afin « promouvoir des solutions innovantes pour EY et ses clients ». Elle emploie dans le monde 20 000 professionnels des données et de l’analyse (dont plus de 2 000 sont de véritables data scientists).

KPMG

KPMG est le plus petit des Big Four, tant en termes d’effectifs que de chiffre d’affaires (38 milliards de dollars), malgré la solidité de son secteur principal - audit et assurance – plus solide en fait que celui de Deloitte.

Le cabinet est réputé plus européen que certains autres Big Four. Les employés décrivent une culture d’entreprise atypique, avec moins de pression pour s’intégrer au stéréotype du mode de vie citadin des jeunes diplômés. KPMG accorde également une grande importance à la formation et au développement, consacrant des investissements élevés au coaching et au mentorat, qu’ils soient structurés ou informels.

À quoi ressemble le travail chez un Big Four ?

Sur le fond, les quatre cabinets sont très similaires. Et pas nécessairement dans leurs aspects positifs. « Les horaires de travail peuvent être insupportables, et la culture d’entreprise peut être dure. Tous perdent des employés à cause de la difficulté à y travailler », nous explique une auditrice mécontente. Elle n’a travaillé que chez l’un des Big Four, mais affirme avoir des connaissances passées par plusieurs de ces cabinets, et qui partageraient son point de vue. « Tous ceux qui ont déjà travaillé chez l’un des Big Four diraient la même chose. Il y a peu de différences entre eux. »

D’autres jeunes professionnels passés par plusieurs de ces cabinets confirment leur grande ressemblance. « À mon avis, il y a très peu de différence entre les deux », déclare un junior de PwC resté plus d’un an chez Deloitte auparavant. « Tous deux ont une structure interne similaire, et mettent l’accent sur le développement des compétences fondamentales et l’accompagnement dans le travail. Idem pour le style et le rythme de travail comparables. »

Pour lui, la seule vraie différence réside dans les exigences concernant la présence au bureau : PwC est plus strict, avec trois jours au bureau et deux jours en télétravail. C’est proche de la règle des deux-trois jours d’EY, mais moins souple que Deloitte et KPMG, qui ont adopté un système plus flexible pour la présence au bureau. Le site de Deloitte indique que les employés peuvent travailler en mode hybride avec une règle d’or : « nous faisons confiance à chacun pour décider de sa façon de travailler. » Deloitte semble cependant renforcer les contrôles : il a commencé à lier les bonus à la présence au bureau aux États-Unis.

« Je les considère comme assez similaires sur le plan de la culture d’entreprise », affirme un cadre supérieur de PwC au Royaume-Uni, qui passé plusieurs années dans les équipes de consulting chez Deloitte. Et c’est logique : Deloitte et PwC y sont beaucoup plus grands (26 000 employés chacun) qu’EY ou KPMG (respectivement 17 000 à 18 000 employés).

La sécurité de l’emploi chez les Big Four

Travailler pour un Big Four n’est pas une garantie de sécurité de l’emploi. Les quatre licencient, le Times rapportant d’ailleurs en mars de cette année que près de 3 000 postes avaient été supprimés au Royaume-Uni au cours des deux années précédentes. Les Big Four ont sur-recruté pendant le confinement.

Selon consultancy.co.uk, Deloitte a supprimé plus de 1 000 postes dans le monde depuis 2023, dont 180 dans ses bureaux britanniques. C’est comparable à EY, qui, selon le même site, prévoyait en décembre dernier de supprimer 150 postes de consultants. On ne sait pas à ce stade à quelle période ces suppressions auront lieu. En juin 2024, selon le FT, KPMG prévoyait également de supprimer environ 200 postes, après avoir gelé les salaires pour 12 000 de ses employés.

La situation de PwC est peut-être la pire parmi ses pairs. Le FT rapportait lui aussi en mars que le taux d’attrition des partners au Royaume-Uni avait doublé en 2024, et que le cabinet avait suspendu le recrutement dans le cadre de son programme d’apprentissage « flying start ». 27 des 91 étudiants de la dernière promotion d’apprentis n’ont pas reçu de proposition de poste à l’issue du programme.

La rémunération chez les Big Four

Les Big Four paient bien, mais pas aussi bien que les grandes banques.

À la fin de leurs dernières périodes de reporting, les quatre cabinets comptaient au Royaume-Uni un total impressionnant de 100 000 employés,  qui ont perçu en moyenne 81k £ (96k €) chacun.

Les Big Four offrent des rémunérations similaires, avec Deloitte en tête (83k £ ou 99k € en moyenne) et KPMG en bas de l’échelle (78k £, soit environ 93k € en moyenne).

Le décalage était plus important pour la rémunération des partners. Ceux de Deloitte avaient gagné en moyenne 1 million de livres (1,2 million d’euros), tandis que ceux de KPMG étaient là aussi les moins bien rémunérés, avec 723k £ (près de 875k €) en moyenne.

Revenus des Big Four par secteur d’activité

Par le passé, les Big Four étaient structurés autour d’un seul produit : les services comptables. Aujourd’hui, ils sont beaucoup plus diversifiés et proposent des services de conseil fiscal, des activités de M&A (de mid-market) et – surtout – des services de consulting.

Le consulting est le département qui rémunère le mieux, mais aussi le plus exigeant des Big Four. Si les salaires du conseil sont nettement inférieurs à ceux pratiqués en banque d’investissement, ils restent par exemple supérieurs à ceux de l’audit. La grosse entité de consulting de Deloitte affiche un niveau particulièrement élevé de bénéfices par partner.

Les Big Four ont été examinés de près en raison des conflits d’intérêts potentiels liés à leur incursion dans le conseil. En 2020, le Financial Reporting Council (FRC) britannique leur a ordonné de cloisonner leurs activités d’audit et celles de conseil après plusieurs échecs retentissants dans le domaine de l’audit.

EY a envisagé de scinder entièrement son entité de consulting. En 2023, le cabinet prévoyait de l’introduire en bourse avec l’objectif de générer un gain conséquent pour ses partners (ainsi qu’un investissement important pour son activité). Mais un petit groupe de partners seniors américains de l’entité d’audit a opposé son véto en raison d’un sentiment de perte d’avantages concurrentiels (ainsi que la perte potentielle de l’activité fiscale lucrative). Cette crise interne a conduit EY à croître plus lentement que ses concurrents immédiats en 2023, permettant à PwC de le dépasser en termes de chiffre d’affaires.

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AUTEURZeno Toulon Journaliste
  • Er
    Erick Djomkam
    27 février 2019

    Bonjour je suis résident de Douala au Cameroun et je désir intégrer l'un des big four .
    je suis titulaire du certificat de référence en finance d'entreprise international ICCF@HECParis + un master 2 en banque et finance

    Aidez moi svp

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