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Le nom à ne jamais mentionner en entretien pour le private equity

Pas facile de décrocher un entretien dans un fonds de private equity. Si vous y parvenez, vous voudrez sans doute vous garder de commettre le péché capital, à savoir « ne pas penser comme un acheteur » au moment de l'étude de cas. Et vous éviterez aussi soigneusement de citer le nom de Ludovic Phalippou, professeur d'économie financière à l'Université d'Oxford.

Prononcer le nom Phalippou pourrait tout simplement signifier la fin de l’entretien.

Depuis 15 ans, Ludovic Phalippou est une épine dans le pied des fonds de private equity. Sa théorie sur le fond, exprimée clairement dans son article de 2019, « An Inconvenient Fact: Private Equity Returns & The Billionaire Factory » : le secteur du private equity ne génère pas de rendements supérieurs à ceux des investissements dans des fonds indiciels.

Selon Ludovic Phalippou, si les investisseurs en private equity obtiennent peu en immobilisant leur argent, une poignée d'employés d'élite du capital-investissement s'en sortent très bien. Les fonds versent des centaines de milliards au titre du carried interest, lesquels sont soumis à la taxation sur les plus-values plutôt qu'à l'impôt sur le revenu. Ludovic Phalippou déclarait ainsi que grâce au carried interest, le nombre de multimilliardaires travaillant en private equity était passé de trois en 2003 à 22 en 2020.

Alors que les fonds de private equity peinent à sortir de leurs investissements, les critiques émises par Ludovic Phalippou touchent un point sensible. Le mois dernier, le Toronto Globe and Mail publiait un article indiquant que le Régime de pensions du Canada (RPC), fortement impliqué dans des actifs comme le private equity, l'immobilier et les infrastructures, avait généré un rendement de 8 % l'an dernier, tandis que son « portefeuille de référence », un composite d'indices mondiaux d'actions et d'obligations, avait gagné 19,9 %. The Globe and Mail observait qu’avec l’orientation du RPC vers des investissements ésotériques, ses effectifs avaient explosé, passant de 150 personnes en 2006 à plus de 1 200 en 2024. Les rémunérations aussi se sont envolées. Les cinq cadres les mieux payés du RPC perçoivent désormais près de 4 millions de dollars par an en moyenne, soit presque cinq fois plus qu'en 2006. La rémunération moyenne des autres salariés s'élève à plus de 500 000 $ par tête.

Il semblerait donc que les professionnels surpayés du private equity soient récompensés pour des rendements médiocres, et Ludovic Phalippou n'est pas le seul à l'avoir remarqué.

Ironie du sort mais sans surprise, de nombreux étudiants de Ludovic Phalippou veuillent travailler en private equity. Selon lui, une centaine d’entre eux rejoignent le secteur chaque année. En 2021, il déclarait être « bombardé » de courriels d'étudiants essayant de décrocher des postes en private equity, et avouait leur enseigner « le cynisme ». Il nous confie pourtant qu’ils ne se laissent pas décourager pour autant : les postes en PE sont passionnants et très bien rémunérés, mais la concurrence est rude, les journées de travail sont interminables, et l’environnement immédiat fourmille de personnes très intelligentes qui n’ont d’yeux que pour l'argent avant tout autre chose. « Cela doit correspondre à votre état d'esprit. »

Si Ludovic Phalippou reste indulgent envers le secteur du capital-investissement qu'il a passé sa carrière à critiquer, les fonds de private equity n’ont pas la même ouverture d’esprit vis-à-vis les étudiants qui surfent sur ses idées. Un ancien étudiant lui a d’ailleurs rapporté la fin désastreuse de son entretien en private equity, lorsqu'il a fait valoir son argument selon lequel le taux de rendement interne (TRI) n'est pas la bonne métrique pour évaluer l’efficacité d'un investissement parce qu'il est sujet à manipulation et distorsion. « Je le dis toujours à mes étudiants. Ne citez jamais mon nom lors d'un entretien d'embauche. C’est la quasi-certitude de vous faire recaler », note-t-il.

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AUTEURSarah Butcher Editrice Monde

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